La vérité sur les gaspillages des offices HLM et leur trésor de guerre

le 30 janvier 2018

Réserves inemployées, gestion mal maîtrisée… Les bailleurs sociaux sont dans le collimateur du gouvernement. En les ponctionnant, il les pousse à se réformer.

Le siège social de Paris Habitat, à Paris (Ve).Ce réaménagement des locaux du Monde, en 2008, aurait coûté plus de 140 millions d’euros, dérapant de plus de 50% par rapport au budget de 2004.

©Artedia/Leemage

« Cinq cents millions d’euros, c’est un électrochoc, 1,5 milliard, c’est un assassinat ! » Pendant quatre mois, Alain Cacheux, président de la Fédération des offices publics de l’habitat, a mené un combat dantesque contre la baisse des loyers HLM imposée par le gouvernement pour compenser la réduction des aides aux locataires. Mais face à ce lobby puissant qui l’accuse de faire des économies sur le dos des pauvres, Emmanuel Macron n’a pas plié. « Dans le monde HLM, il y a des réserves, on le sait depuis des décennies, il y a des acteurs qui ont beaucoup d’argent, on va leur demander de faire un effort », avait-il lancé sur TF 1, en pleine polémique. En tapant dans les caisses des bailleurs, le chef de l’Etat veut, en fait, les forcer à se réformer. La bataille ne fait donc que commencer.

Secteur trop morcelé

Le secteur affiche une situation financière confortable, avec une dette sous contrôle, un parc amorti et en bon état. Massivement soutenu par les pouvoirs publics (prêts avantageux, subventions, niches fiscales), il dégage un résultat net de 3,4 milliards d’euros, soit une rentabilité de 15 %. Les bailleurs, eux, préfèrent communiquer sur un indicateur spécifique : l’autofinancement net, qui tient compte du remboursement des emprunts et ne s’élève qu’à 2,2 milliards. « Quoi qu’il en soit, les bénéfices servent à augmenter les fonds propres et à emprunter pour réhabiliter et construire des logements, justifie Dominique Hoorens, de l’Union sociale pour l’habitat (USH). Nous ne pouvons économiser que sur les frais de gestion et la maintenance, soit 8 milliards d’euros. »

Du côté du gouvernement, on estime que le secteur est mal organisé et qu’il doit résoudre deux problèmes majeurs : l’argent ne circule pas assez vers les bailleurs qui en ont le plus besoin et le monde HLM est trop morcelé. Certes, le nombre d’organismes a baissé de 15 % en dix ans, notamment avec la montée en puissance des métropoles. Mais on recense encore 494 offices publics et « entreprises sociales » de droit privé, auxquels s’ajoutent les coopératives. L’enjeu est critique en Ile-de- France, où coexistent 117 opérateurs, chaque département de la petite couronne comptant 15 à 20 offices. Les élus rechignent à lâcher ce qu’ils considèrent comme un outil d’influence. « Nous travaillons avec le secteur pour accélérer les regroupements, ce qui passera parfois par la fixation d’une taille minimale », avance Julien Denormandie, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Cohésion des territoires.

Source : Challenges

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