Vétusté du parc immobilier : 680 copropriétés « potentiellement fragiles » dans le grand Clermont

le 17 novembre 2018

Le drame de Marseille remet sous les feux des projecteurs la problématique des copropriétés dégradées.

Vétusté du parc immobilier : 680 copropriétés « potentiellement fragiles » dans le grand Clermont

4.900 logements seraient « potentiellement indignes » dans le département du Puy-de-Dôme. Photo d’illustration © Marie Coreixas

Huits morts à Marseille lundi 4 novembre. Un immeuble effondré à Charleville-Mézières jeudi 7 novembre. La problématique de la vétusté du parc immobilier français resurgit dans l’actualité. D’après la Fondation Abbé Pierre, 107.000 copropriétés en France font partie des immeubles « les plus fragiles », soit environ 2 millions de logements. Quid dans le Puy-de-Dôme ?

Pas de copropriété en procédure de redressement

Selon Véronique Gilet, directrice régionale de la Fondation Abbé Pierre Auvergne-Rhône-Alpes, 4.900 logements  seraient « potentiellement indignes » dans le département du Puy-de-Dôme. Et donc à surveiller. La Fondation détaille les « secteurs où le risque de fragilisation des copropriétés apparaît plus prégnant ». « Si, à ce jour, aucune copropriété n’est en procédure de redressement (NDLR, surendettement des propriétaires, procédure d’administration renforcée, afin de faciliter la réalisation des travaux lourds et complexes nécessaires…) et que le Puy-de-Dôme semble moins concerné que d’autres départements, l’analyse réalisée a quand même révélé quelques secteurs où le risque de fragilisation des copropriétés apparaît plus prégnant », note la Fondation. *

680 copropriétés « fragiles » dans la métropole clermontoise

En s’appuyant sur un rapport relatif à la demande sociale en logement de 2017, la Fondation Abbé Pierre estime à 680 le nombre de copropriétés « fragiles à l’échelle du grand Clermont ». Lesquelles se localisent très majoritairement en centre-urbain à Clermont, Chamalières, Aubière, Beaumont, Royat ou Riom. « L’hypercentre clermontois et le secteur sauvegardé de Riom apparaissant particulièrement impactés », indique Véronique Gilet.

Surtout des petites copropriétés

Quant au profil de ces copropriétés dégradées et sous surveillance, « il s’agit majoritairement de petites copropriétés (80% comptent moins de onze logements), datant d’avant 1949. On peut donc imaginer surtout des situations de désordres techniques, de bâti inadapté, d’inconfort… avec des immeubles gérés par des syndics bénévoles aux moyens souvent limités », explique Véronique Gilet.

Trente-cinq grandes copropriétés – plus de 50 logements – sont décrites comme potentiellement fragiles. Elles se situent à Clermont-Ferrand (notamment aux Vergnes, Croix de Neyrat, et Saint-Jacques). « La problématique diffère nettement de celle des petites copropriétés. Construites après les années 1960, elles comptent peu de vacance, et une faible proportion de propriétaires occupants. Les difficultés sont davantage liées à l’entretien coûteux et contraignant lié à la taille importante de ces ensembles, et à la fragilité financière des habitants », conclut Véronique Gilet.

Nicolas Faucon

Source : La Montagne

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