Vidéosurveillance : on ne doit pas filmer ses voisins

le 6 avril 2019

Attention, si les particuliers peuvent s’équiper de caméras, elles ne doivent pas viser le terrain des voisins. Dans les copropriétés, l’autorisation de l’assemblée générale pour filmer les parties communes est requis.

Vidéosurveillance : on ne doit pas filmer ses voisins

Les particuliers peuvent s’équiper de caméras pour se protéger des cambriolages. Marco Jeurissen/Ikon Images / Photononstop

En cas de conflit de voisinage, l’installation d’un dispositif de vidéosurveillance peut être utile, comme le montre l’affaire suivante : Régis et Patricia X, qui se méfient de leur voisin Jean-Marie Z, font installer une caméra sur le mur de leur maison. Au petit matin du vendredi 18 décembre 2015, l’appareil filme Jean-Marie en train de saboter leur portail électronique.

Les X portent plainte, et fournissent des images du délit. Le 11 février 2016, M. Z, qui reconnaît sa culpabilité, fait l’objet d’un rappel à la loi. Régis et Patricia l’assignent ensuite devant le tribunal de grande instance de Douai, et obtiennent qu’il soit condamné à les indemniser de leurs préjudices, matériel et moral.

Respect de la vie privée

Jean-Marie fait appel. Il demande que leur système de vidéosurveillance soit démonté, au motif qu’il filmerait l’entrée de son propre domicile, ce qui porterait atteinte au respect de sa vie privée, garanti par l’article 9 du code civil. La cour d’appel de Douai le déboute, le 7 février (2019), après avoir constaté que leur caméra ne filme que leur propre cour, ainsi que leur portail, mais ni la voie publique ni l’entrée du voisin.

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Les particuliers peuvent, en effet, s’équiper de caméras pour se protéger des cambriolages, mais ils ne doivent pas les orienter sur la propriété des voisins, faute de quoi ils peuvent être condamnés à payer des dommages et intérêts à ces derniers. C’est ce que rappelle l’exemple suivant : Eliane L., personne particulièrement acariâtre et procédurière, cherche toutes sortes de noises à ses voisins, les D., qui sont en outre victimes du harcèlement de son fils, Jonathan, et de ses insultes à caractère raciste. En représailles, les D. perchent une caméra sur un arbre de leur jardin, et la braquent sur la maison de Jonathan et de sa mère.

Source : Le Monde

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