Vimoutiers. Orne habitat veille au relogement des sinistrés

le 18 juin 2018

Les locataires qui souhaitent réintégrer leur logement, après les inondations, ne pourront pas le faire « avant huit voire douze mois ». Certains d’entre eux ont tout perdu.

Vimoutiers. Orne habitat veille au relogement des sinistrés

Les appartements sont dévastés et boueux. Sur le mur extérieur, à gauche, on voit la trace de la montée des eaux. | Ouest-France

Trois jours après la crue qui a dévasté certains quartiers du centre-ville, le traumatisme vécu par les sinistrés reste vivace.

La cité des Près-Gâteaux, longeant la rivière La Vie, est l’un des secteurs dont les habitations ont été les plus touchées. Les logements sont essentiellement ceux appartenant au bailleur social, Orne habitat, qui venait d’y achever un programme de réhabilitation et de rénovation.

Certains locataires ont tout perdu

Thomas Aubourg, directeur de l’agence Argentan-Vimoutiers fait le point, jeudi matin. « Vingt et un logements en rez-de-chaussée ont été inondés jusqu’à une hauteur d’un mètre au moins, ainsi que 41 caves » . Les locataires de ces logements ont pour la plupart, tout perdu.

« La priorité est le relogement. Hier matin nous avons rencontré sur place les locataires concernés afin d’être à leur écoute. Il s’agit de trouver une solution qui soit la mieux adaptée à chacun et de les accompagner dans leurs démarches d’indemnisation auprès de leurs assurances. Ce public est sensible dans le sens où il s’agit essentiellement de personnes âgées ou de gens à mobilité réduite. Le relogement n’est pas toujours simple à assurer car elles veulent rester en centre-ville et en rez-de-chaussée » .

Partir ailleurs

Pour l’heure, le bailleur social a une demande « de relogement émanant de sept locataires. Ce sont des gens qui n’ont pas de solution à moyen terme. Trois personnes ont été placées à la résidence Jeanne-Lacroix et en Ehpad (Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) tandis que trois logements nécessitent un bon nettoyage mais n’ont pas besoin de solution alternative. Deux autres nous ont fait savoir qu’ils souhaitaient être relogés ailleurs, de manière définitive » .

Plusieurs centaines de milliers d’euros

Aucune estimation du montant des dégâts ne peut être communiquée mais cela se chiffrera en plusieurs centaines de milliers d’euros. « Il nous faut attendre la phase d’assèchement pour ensuite évaluer les dégâts sur les sols, les murs, les menuiseries, le réseau électrique ainsi qu’éventuellement l’isolation extérieure » , explique Thomas Aubourg qui indique que le bureau d’Orne habitat est ouvert chaque jour pour accueillir les sinistrés.

Les locataires qui souhaitent réintégrer leur logement ne pourront pas le faire « avant huit voire douze mois » . Dans le quartier, la vie tente de reprendre son cours. Christian Saussais et sa compagne Evelyne Lemarchand s’affairent dans l’un des appartements dévastés. « Ma mère est âgée de 88 ans. Elle se déplace en fauteuil roulant et était immobilisée sur son li médicalisé qui flottait », raconte Christian Saussais. « Regardez. On voit les marques du niveau de l’eau sur le mur et sur le lit » montre-t-il en se rendant dans la chambre de sa maman. « C’est son aide à domicile de l’Una qui, voyant que l’eau montait, s’est précipitée chez ma mère. Elle a pu être mise en sécurité à l’étage en attendant l’arrivée des pompiers. Il s’en est fallu de peu pour qu’elle se noie. Actuellement elle est hospitalisée. Elle ne reviendra pas ici. Nous ne prendrons pas le risque que cela recommence ».

Car conclut sa compagne « à mon avis ça recommencera » . D’autres en revanche, comme cette locataire, veulent avoir l’assurance de pouvoir réintégrer leur logement.

Ces bâtiments sont édifiés depuis 1976.

 

Source : Ouest-France

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